QatarEnergy serait en négociations avancées avec NextDecade pour acheter jusqu’à 2 millions de tonnes par an de gaz naturel liquéfié produit au Texas. Les discussions concerneraient le sixième train du terminal Rio Grande LNG, selon des personnes proches du dossier. Aucun accord n’a été confirmé par les deux entreprises à ce stade.
Le projet est important pour NextDecade, car les capacités des cinq premiers trains ont déjà été entièrement commercialisées. Une fois opérationnelles, ces unités devraient produire environ 30 millions de tonnes de GNL par an. Le sixième train constituerait une nouvelle phase d’expansion, mais il doit encore obtenir les autorisations nécessaires et n’a pas fait l’objet d’une décision finale d’investissement.
NextDecade a déposé une demande auprès du régulateur fédéral de l’énergie en mai, puis une demande d’autorisation d’exportation auprès du ministère américain de l’Énergie en juin. La société vise une décision finale d’investissement en 2027. Elle affirme que l’intérêt commercial dépasse déjà la capacité nominale du futur train, ce qui constitue un signal favorable, sans garantir sa construction.
Pour QatarEnergy, les discussions s’inscrivent dans une stratégie de diversification géographique. Le groupe cherche à sécuriser davantage de volumes américains à long terme afin de disposer de sources de revenus alternatives en cas de perturbation des exportations passant par le détroit d’Ormuz. Il avait déjà engagé des discussions avec Venture Global et Woodside Energy et signé un contrat de long terme avec Cheniere Energy portant sur 4 millions de tonnes par an.
Pour l’investisseur, un engagement de QatarEnergy renforcerait la crédibilité commerciale du sixième train de Rio Grande LNG. Les contrats de long terme sont essentiels pour sécuriser les financements, réduire le risque de demande et justifier les dépenses de construction. Ils ne suppriment toutefois pas les risques liés aux permis, aux coûts, au calendrier et à l’exécution industrielle.
L’expansion envisagée pourrait aller au-delà du sixième train. Des unités supplémentaires, numérotées 7 et 8, porteraient à terme la capacité totale du site à environ 48 millions de tonnes par an. Ce potentiel accroît l’intérêt stratégique du terminal, mais augmente aussi les besoins de capitaux et la dépendance à une demande mondiale durable.
Le dossier reste donc prometteur mais encore conditionnel. La prochaine étape sera la transformation des négociations en contrat ferme, puis l’obtention des autorisations et la décision d’investissement. Pour les investisseurs exposés au GNL américain, la discipline de financement et le respect du calendrier compteront autant que les volumes annoncés. Une montée des coûts ou un retard réglementaire pourrait réduire la valeur économique du projet malgré une demande commerciale solide.


