Société Générale a publié un troisième trimestre supérieur aux attentes, soutenu par la banque d'investissement et la banque de détail. Le résultat net part du groupe a progressé de 24,1 % sur un an, à 1,89 milliard d'euros, contre 1,62 milliard attendu en moyenne. Sur les neuf premiers mois, il atteint un record de 5,37 milliards d'euros, en hausse de 17,3 %.
Le produit net bancaire s'est élevé à 7,17 milliards d'euros, soit une progression de 7,8 % et un niveau supérieur au consensus de 6,82 milliards. La banque de grande clientèle et solutions investisseurs a retrouvé une croissance de 12,5 %, à 2,78 milliards d'euros, après plusieurs trimestres plus mitigés.
Cette amélioration masque toutefois une forte divergence entre métiers. Les revenus des activités de marché ont augmenté de 18 %, grâce à un bond de 45,9 % des métiers actions, qui ont atteint un record de 1,2 milliard d'euros. À l'inverse, les activités de taux, crédit et change ont reculé de 20,6 %, pénalisées par une activité moins soutenue sur les taux. La même opposition apparaît chez d'autres grandes banques européennes, ce qui suggère un effet de marché sectoriel plutôt qu'un phénomène propre à Société Générale.
La banque de détail a également contribué aux résultats, avec des revenus en hausse de 10,9 % sur un an. Boursobank, devenue un pilier de la stratégie du groupe, comptait plus de 9,4 millions de clients fin septembre et a apporté 101 millions d'euros au résultat net trimestriel.
Les frais de gestion ont légèrement augmenté à 4,09 milliards d'euros, notamment en raison des bonus liés aux bonnes performances de la banque d'investissement. Cet élément doit être surveillé, car l'amélioration durable de la rentabilité dépend autant de la maîtrise des coûts que de la croissance des revenus.
Pour l'investisseur, la publication valide le redressement engagé sous la direction de Slawomir Krupa, fondé sur les économies, les cessions d'actifs et une allocation plus stricte du capital. Elle soutient aussi le relèvement récent de l'objectif de rentabilité pour 2029. Le principal risque est que les revenus records des activités actions ne soient pas entièrement reproductibles, tandis que la faiblesse du FICC pourrait durer.
La prochaine étape sera de vérifier si la banque peut maintenir son rythme bénéficiaire avec un mix d'activités plus équilibré. L'évolution des coûts, la rentabilité de Boursobank, le coût du risque et la capacité à faire repartir les métiers de taux seront déterminants. Le trimestre est solide, mais le marché devra distinguer les gains structurels des performances exceptionnelles liées aux conditions de marché.

