Les dirigeants des BRICS se sont réunis à New Delhi avec l’ambition d’adopter une position commune sur la guerre au Moyen-Orient. Une précédente réunion des ministres des Affaires étrangères, organisée en mai dans la capitale indienne, n’avait pas permis de publier une déclaration partagée. Une source diplomatique évoque désormais un texte susceptible d’obtenir l’accord de tous les membres.
Les intérêts des pays restent pourtant divergents. La Russie et la Chine continuent à commercer avec l’Iran malgré les menaces répétées de sanctions américaines. Les Émirats arabes unis ont, à l’inverse, suspendu en août leurs échanges commerciaux et financiers avec Téhéran après avoir été visés par des missiles iraniens.
Xi Jinping a estimé que le conflit ne servait pas les intérêts communs et a appelé au respect de la souveraineté ainsi qu’à la préservation de la paix. Le président iranien Massoud Pezeshkian a défendu une sécurité régionale assurée par les pays du Moyen-Orient. Narendra Modi a, pour sa part, réclamé une place accrue du Sud global dans les décisions internationales.
La rencontre marque aussi une étape dans le rapprochement entre Pékin et New Delhi. Xi Jinping ne s’était pas rendu en Inde depuis 2019, avant l’affrontement meurtrier de 2020 à leur frontière himalayenne. Les deux puissances ont repris le dialogue, sans effacer leur méfiance ni leurs déséquilibres commerciaux.
Le contexte énergétique renforce l’urgence diplomatique. L’Iran a fermé le détroit d’Ormuz en représailles aux bombardements sur son territoire, perturbant une route qui concentrait 20 % du pétrole mondial avant la guerre. Le Brent a de nouveau franchi 100 dollars. Le sommet doit également aborder le protectionnisme et le déficit commercial indien envers la Chine, qui a atteint 112 milliards de dollars pendant l’exercice 2025-2026.


