Le sommet international organisé à Paris réunit 120 pays sous la verrière du Grand Palais, mais se déroule sans la Russie, l'Iran, la Corée du Nord, ni la présence des grands acteurs américains SpaceX et Blue Origin, absents au motif de pressions alléguées. L'événement, porté par Emmanuel Macron et dont Thomas Pesquet est ambassadeur, vise à « sanctuariser » la place de l'Europe dans l'espace alors que géopolitique et rivalités sino-américaines pèsent sur les coopérations.

Les chiffres mis en avant sont parlants: l'économie spatiale mondiale a dépassé 500 milliards de dollars en 2025 et PwC table sur 1.100 milliards d'ici 2035, tirée par communications satellitaires, navigation, observation de la Terre, services de lancement et activités lunaires. Deloitte met en garde contre un décrochage européen et réclame une « commande publique garantie » et une meilleure coordination des investissements pour éviter la fragmentation des projets entre États membres.

Le volet technologique et industriel est au cœur des échanges. L'ESA et ArianeGroup évoquent la possibilité de vols habités européens et l'adaptation d'Ariane 6 pour cet usage, tandis que MaiaSpace (filiale d'ArianeGroup) prévoit son premier vol d'essai réutilisable au second semestre 2027 et a sécurisé cinq contrats pour douze lancements. En parallèle, Isar Aerospace a récemment placé une fusée en orbite depuis la Norvège, et la chinoise LandSpace a récupéré en août le premier étage du Zhuque-3, comparable au Falcon 9, soulignant l'avance étrangère sur la réutilisabilité.

Sur le plan politique, l'absence du chancelier allemand Friedrich Merz et des divergences franco-allemandes compliquent l'adoption d'une déclaration commune. Berlin refuse les critères de préférence européenne proposés par Paris pour l'utilisation des 60 milliards d'euros destinés à l'espace dans le prochain cadre financier pluriannuel, ce qui fragilise l'ambition de coordonner les moyens au niveau de l'Union.