Le sommet international consacré à l'espace, organisé à Paris sous l'impulsion du président Emmanuel Macron, a mis en lumière la volonté européenne de préserver et d'affirmer sa place face aux géants américain et chinois. L'événement, tenu au Grand Palais et rassemblant 90 pays et plus de cinquante projets, a été marqué par l'absence des principaux acteurs américains comme SpaceX et Blue Origin, et par l'absence du chancelier allemand Friedrich Merz, co-hôte attendu.
Concrètement, Amazon Leo a confirmé six lancements supplémentaires confiés à Ariane 6, portant à 24 le nombre de missions commandées, une bouffée d'air pour le lanceur européen. Par ailleurs, le Français Loft Orbital a annoncé un contrat d'1 milliard de dollars avec l'émirati Marlan Space pour la mise en orbite de 50 satellites intégrant de l'intelligence artificielle embarquée, illustrant la montée en puissance des services satellitaires et de l'IA dans l'économie spatiale.
Des études citées au sommet soulignent l'expansion du marché : PwC estime l'économie spatiale mondiale, déjà supérieure à 500 milliards de dollars en 2025, à 1.100 milliards d'ici 2035. Mais Deloitte alerte sur un risque de décrochage européen si les États membres n'harmonisent pas leurs investissements et ne garantissent pas une commande publique coordonnée.
Sur le plan capacitaire, l'ESA évalue à 10 milliards d'euros sur dix ans l'effort nécessaire pour atteindre une indépendance spatiale européenne. Les discussions ont aussi remis sur la table le retour à des capacités de vols habités et la réutilisabilité : LandSpace (Chine) a récupéré le premier étage du Zhuque-3, MaiaSpace (ArianeGroup) vise un premier essai réutilisable en 2e semestre 2027, tandis qu'Isar Aerospace a réussi une mise en orbite depuis la Norvège.


