Stellantis veut faire du Mondial de l’automobile de Paris une démonstration de son redressement européen. Antonio Filosa a présenté six des neuf concepts exposés par le groupe, accompagnés de plusieurs nouveaux modèles de série. L’objectif est de rendre les marques plus distinctes tout en renforçant l’offre de véhicules électriques accessibles face à l’expansion des constructeurs chinois.
Le concept Citroën inspiré de la 2CV occupe une place centrale dans ce dispositif. Il annonce une petite voiture électrique fabriquée en Europe, attendue en 2028 autour de 15 000 euros. Stellantis présente également la DS7, la Fiat Grizzly, la Lancia Gamma, l’Opel Corsa GSE ainsi que les Leapmotor B03 et D19, issus de son partenariat avec le constructeur chinois.
Cette offensive commerciale intervient dans une phase délicate. Les investisseurs cherchent encore des signes tangibles d’amélioration après deux années de recul des parts de marché et de la rentabilité en Europe et en Amérique du Nord. Le titre a touché 3,81 euros au cours du mois, son niveau le plus bas depuis la création de Stellantis en 2021.
Le plan présenté en mai à l’horizon 2030 prévoit des dizaines de nouveaux modèles, des réductions de coûts et une coopération accrue avec des partenaires chinois, notamment Leapmotor. Mais le déploiement d’une gamme ne suffira pas : l’enjeu est de convertir ces lancements en demande finale et en amélioration durable des marges.
Les analystes de Bernstein, passés à « sous-performance » en août, estiment que les récentes progressions des ventes reflètent en partie la reconstitution des stocks chez les concessionnaires plutôt qu’un renforcement de la demande des consommateurs. Pour le marché, les prochaines données commerciales devront donc confirmer que la relance gagne réellement les acheteurs.
Le salon donne à Stellantis une vitrine. La validation de la stratégie viendra ensuite, à travers les commandes, les prix réalisés, les coûts et l’évolution des parts de marché.


