Le taux de l’obligation française à dix ans a franchi 4,5 % le 15 septembre, atteignant son niveau le plus élevé depuis 2008. Cette remontée augmente progressivement le coût auquel l’État renouvelle sa dette, dans un environnement où les rendements montent aussi dans les autres grandes économies.
Le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, a toutefois voulu distinguer le niveau des taux de la capacité à trouver des acheteurs. Il affirme que l’Agence France Trésor continue de lever les fonds prévus et que la demande des investisseurs dépasse les montants proposés. Il rappelle également que les taux français avoisinaient 10 % dans les années 1990.
Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a indiqué que 85 % du programme d’émissions était déjà accompli, sans difficulté de placement. La situation ne correspond donc pas à une crise de liquidité immédiate. Elle pose en revanche un problème de coût, car chaque nouvelle émission à un taux supérieur augmente à terme la charge budgétaire.
La hausse est en partie mondiale. Sur un an, les rendements auraient progressé de plus de 90 points de base en France, contre environ 80 en Allemagne et 100 aux États-Unis. Le taux américain à dix ans a lui aussi dépassé 5 %.
La vulnérabilité française tient à son endettement et à son déficit élevés. Si les taux restent durablement à ces niveaux, une part croissante des ressources publiques devra financer les intérêts plutôt que les investissements ou les services. Les investisseurs surveilleront donc la trajectoire budgétaire pour 2027, l’évolution du spread avec l’Allemagne et les résultats des prochaines adjudications.


