Tesla modifie le nom de son logiciel d’aide à la conduite en Europe. L’appellation « Full Self-Driving (Supervised) » cède la place à « Assisted Driving », une formulation plus conforme à un système qui exige une surveillance permanente du conducteur. Le ministère allemand des Transports avait critiqué l’ancien nom, jugé susceptible de faire croire à une conduite entièrement autonome.

Le changement est commercial, mais son enjeu est surtout réglementaire. Tesla cherche encore les autorisations nécessaires pour déployer cette technologie en Europe, notamment aux Pays-Bas. Une dénomination moins ambitieuse peut réduire le risque de confusion pour les clients et faciliter le dialogue avec les autorités, sans modifier les capacités techniques du produit. Aux États-Unis, le constructeur conserve le nom FSD et facture le service 99 dollars par mois.

Cette prudence européenne intervient alors que la sécurité du système reste examinée outre-Atlantique. L’agence américaine NHTSA mène plusieurs enquêtes, notamment sur son comportement lorsque la visibilité est réduite et sur de possibles infractions routières associées à des collisions. Tesla conteste également une décision californienne de décembre 2025 qui qualifiait de trompeuse la promotion d’Autopilot et de FSD.

Le logiciel compte pour la stratégie de Tesla parce qu’il peut générer des revenus récurrents et soutenir les marges au-delà de la vente de véhicules. Le groupe revendiquait 1,48 million d’abonnements FSD actifs au deuxième trimestre, sans détailler la part provenant d’essais gratuits ou de promotions. Cette absence de ventilation limite l’évaluation de la base réellement payante.

Parallèlement, Tesla bénéficie d’une reprise des ventes de véhicules électriques en Europe après une année de recul. Pour les investisseurs, le changement de nom ne constitue donc ni un progrès technique ni une homologation. Le signal décisif restera l’obtention des autorisations, puis l’adoption payante et l’historique de sécurité en conditions réelles.