TotalEnergies a finalisé une cession de 800 millions de dollars au Nigeria, soit environ 717 millions d’euros. Sa filiale TotalEnergies EP Nigeria a vendu au consortium nigérian Vaaris sa participation non opérée de 10 % dans les licences de la coentreprise pétrolière Renaissance. L’opération avait été annoncée en janvier et entre désormais dans sa phase effective.
Le caractère non opéré de la participation est important pour lire la transaction. TotalEnergies détenait un intérêt économique dans les actifs, sans assurer directement leur exploitation. La vente permet donc au groupe de monétiser une position minoritaire et de simplifier son portefeuille local, tout en transférant au nouvel acquéreur l’exposition associée aux licences cédées.
Le groupe ne se retire pas pour autant du gaz nigérian. Il précise conserver la totalité de son intérêt économique dans trois licences gazières de la coentreprise Renaissance. Ces actifs représentent actuellement la moitié de l’approvisionnement en gaz de Nigeria LNG, l’installation d’exportation de gaz naturel liquéfié située près de Port-Harcourt, dans le sud du pays. Cette exception montre que TotalEnergies distingue les actifs cédés de ceux qu’il considère comme stratégiques pour sa présence dans le GNL.
Pour l’investisseur, le produit de cession apporte des liquidités, mais son effet sur la valeur du groupe ne peut pas être évalué à partir du seul montant encaissé. Il faut le comparer à la contribution passée des actifs vendus, à leur valeur comptable, aux éventuelles obligations résiduelles et à l’utilisation future des fonds. Le communiqué ne précise ni la plus-value attendue, ni l’impact sur la production, le résultat ou le flux de trésorerie disponible.
L’opération illustre aussi une gestion sélective du portefeuille africain. La coentreprise Renaissance exploite des hydrocarbures dans une région où les actifs ont déjà changé de mains, Shell ayant cédé son ancienne filiale à un groupe d’entreprises nigérianes au début de 2024. L’arrivée de Vaaris renforce encore la place d’acteurs locaux dans la détention des infrastructures pétrolières.
Le maintien des licences gazières peut être lu comme un choix de préserver l’exposition à une chaîne d’exportation existante. Il ne supprime cependant pas les risques opérationnels, réglementaires et géopolitiques liés au Nigeria. La valeur de ces intérêts dépendra aussi de la disponibilité des installations, des volumes fournis et des conditions du marché mondial du GNL.
À court terme, 800 millions de dollars restent modestes à l’échelle de TotalEnergies, mais la transaction contribue à la discipline d’allocation du capital. Les investisseurs devront surveiller l’affectation du produit de cession, la production effectivement retirée du périmètre et la contribution future des licences gazières conservées. Sans ces éléments, il serait prématuré de conclure à un effet significatif sur le bénéfice ou le dividende.


