Toyota a publié sa première hausse de bénéfice en six trimestres et relevé de 15 % sa prévision annuelle, porté par la demande de véhicules hybrides et par la faiblesse du yen. Le constructeur vise désormais un bénéfice d’exploitation de 3 900 milliards de yens, soit environ 24,6 milliards de dollars, pour l’exercice clos en mars. Cette révision a renforcé la confiance du marché dans une stratégie longtemps jugée trop prudente face au tout électrique.

Au trimestre juillet-septembre, le bénéfice d’exploitation a atteint 1 130 milliards de yens, en hausse de 34 %. Le résultat dépasse nettement le consensus de 992 milliards établi auprès de neuf analystes. L’action, déjà soutenue avant la publication, a prolongé son avance pour gagner plus de 14 % en séance, en direction de sa meilleure performance quotidienne depuis 2008.

Le moteur principal reste le succès des modèles hybrides essence-électricité, généralement plus rentables. Toyota a continué de développer cette technologie alors que plusieurs concurrents traditionnels concentraient leurs investissements sur les véhicules entièrement électriques. Le ralentissement de la demande pour ces derniers a ensuite obligé certains groupes à revoir leurs plans et à comptabiliser des charges importantes. Toyota bénéficie aujourd’hui d’une gamme qui répond aux automobilistes souhaitant réduire leur consommation sans dépendre entièrement d’une infrastructure de recharge.

Cette approche a aidé le groupe à défendre ses positions aux États-Unis, son principal marché. Elle ne règle toutefois pas tous les problèmes. Les ventes ont reculé en Chine et au Moyen-Orient, tandis que les constructeurs chinois de véhicules électriques continuent de gagner du terrain sur plusieurs marchés. Le directeur financier Takanori Azuma a également reconnu la pression liée à la hausse des matières premières et aux conséquences de la situation au Moyen-Orient. Le groupe affirme compenser ces effets par ses efforts commerciaux et ses réductions de coûts.

La faiblesse du yen constitue un autre soutien important, car elle augmente la valeur en monnaie japonaise des profits réalisés à l’étranger. Cet avantage peut se retourner si la devise se renforce. L’investisseur doit donc séparer l’amélioration opérationnelle, liée aux volumes, aux prix et au mix hybride, de l’effet favorable des changes.

Pour un investisseur français, Toyota illustre la valeur d’une transition énergétique progressive, mais aussi ses limites. Les hybrides offrent actuellement une rentabilité et une demande solides, tandis que la compétition électrique reste intense. La hausse des prévisions valide la stratégie à court terme. À plus longue échéance, la question sera de savoir si le groupe peut préserver ses marges tout en accélérant dans les véhicules électriques, les batteries et les logiciels, sans perdre l’avantage financier que lui procurent aujourd’hui ses hybrides.