Moderna a relevé ses prévisions annuelles après un troisième trimestre nettement supérieur aux attentes. Le laboratoire anticipe désormais une croissance de son chiffre d’affaires comprise entre 15 % et 25 % en 2026, contre une progression pouvant atteindre 10 % auparavant. La demande internationale pour son vaccin contre la COVID-19 et des paiements de partenariats ont soutenu la performance.
Le chiffre d’affaires trimestriel a atteint 1,3 milliard de dollars, alors que le consensus compilé par LSEG ressortait à 885,1 millions. Moderna a également renoué avec les bénéfices, avec un résultat net de 162 millions de dollars, contre une perte d’environ 200 millions un an plus tôt. L’écart aux attentes est donc important, mais il faut distinguer les ventes de produits des revenus de partenariat, qui peuvent être moins réguliers.
Pour les investisseurs, le principal enjeu reste la transformation de Moderna en groupe biotechnologique diversifié, moins dépendant des rappels contre la COVID-19. La récente autorisation américaine de mFlusiva, son vaccin contre la grippe saisonnière à ARN messager destiné aux adultes de 50 ans et plus, élargit le portefeuille. Son lancement américain restera toutefois limité pendant la saison 2026-2027, l’autorisation étant intervenue après la négociation de nombreux contrats d’approvisionnement.
L’autre catalyseur est l’intismeran autogene, vaccin personnalisé contre le cancer développé avec Merck et associé à Keytruda. Les partenaires ont indiqué que cette combinaison avait réduit de 42 % le risque de récidive du mélanome ou de décès dans un essai à grande échelle. Ils envisagent un lancement commercial en 2027. Ce calendrier offre un potentiel considérable, mais il reste soumis aux étapes réglementaires, aux capacités de fabrication personnalisée et à l’adoption clinique.
La réaction boursière doit aussi être replacée dans un contexte exigeant. Le cours de Moderna a déjà été multiplié par plus de huit depuis le début de l’année, notamment après les résultats positifs dans le mélanome. Une grande partie des espoirs liés au pipeline peut donc être intégrée dans la valorisation. Tout retard, résultat clinique décevant ou lancement commercial plus lent pourrait provoquer une forte volatilité.
La publication améliore la visibilité à court terme et confirme la capacité de la plateforme ARN messager à générer de nouveaux relais. Pour juger la durabilité du redressement, il faudra suivre la composition des revenus, la progression de mFlusiva et les prochaines étapes de l’intismeran, plutôt que d’extrapoler mécaniquement un trimestre porté par plusieurs éléments favorables.


