Les responsables européens se retrouvent en Irlande alors que la Russie intensifie frappes et opérations « hybrides » contre l'Ukraine et des cibles en Europe. Les ministres constatent une hausse marquée de la violence: en juillet dernier, les victimes civiles en Ukraine ont augmenté de 70% par rapport à juillet 2025. Moscou menace de nouvelles "frappes massives" contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes avant l'hiver.

Kiev dispose d'une large gamme d'intercepteurs, mais manque d'antimissiles capables de contrer les missiles balistiques russes, comme les systèmes Patriot américains. Les ministres de la Défense vont interroger les pays disposant de tels systèmes pour tenter d'obtenir des livraisons supplémentaires. Un responsable de l'UE a reconnu que ceux qui ont déjà fourni des systèmes « ont accompli beaucoup », mais que d'autres doivent encore livrer.

Sur le plan financier et politique, au moins quatre États — Espagne, Suède, Pologne et Pays-Bas — demandent d'utiliser les avoirs russes gelés dans l'UE, estimés à 210 milliards d'euros. Cette proposition ravive le débat après l'opposition de pays comme la Belgique fin 2025, qui avait conduit au recours à un emprunt commun de 90 milliards d'euros pour aider l'Ukraine. Les chances d'un accord apparaissent limitées selon un responsable européen.

Les discussions interviennent aussi après une série d'attaques attribuées à la Russie sur le sol européen, notamment des actions de sabotage et de désinformation. L'Allemagne signale une augmentation des attaques hybrides; un drone explosif a été découvert début août près de l'aéroport de Leipzig, important point de transit pour l'aide militaire. Certains États baltes réclament une qualification de « terrorisme d'État ». Les ministres vont commencer l'examen d'une liste de 1.600 individus et entités russes et aborder une réforme du service diplomatique de l'UE. Le britannique Ed Miliband et l'Ukrainien Andriï Sybiga participent également aux échanges.