À Washington, le ministre des Finances Scott Bessent a présenté un dispositif de sanctions « secondaires » ciblant non l'Iran directement, mais ses contreparties économiques : marchés de l'or, technologies, actifs numériques, aviation et transport maritime. Aucune date d'entrée en vigueur ni liste de pays visés n'a été fournie, laissant l'application opérationnelle en attente de précisions.

L'administration américaine justifie cette stratégie par l'ambition d'asphyxier financièrement le régime iranien, contraignant Téhéran à choisir entre l'isolement total et un retour mesuré vers l'économie mondiale. Bessent a averti que les États qui continueraient à commercer avec l'Iran « partageraient l'isolement », évoquant la possibilité d'exclusion du système dollar pour les récalcitrants.

Réplique immédiate de Téhéran : le gouvernement voit dans ces menaces un signe d'échec de Washington et affirme avoir un « plan sur deux ans » pour contrer les sanctions. Le ton est soutenu diplomatiquement, Pékin jugeant par ailleurs que la pression économique ne suffira pas à résoudre le conflit régional.

Le contexte opérationnel renforce l'effet attendu des sanctions : le détroit d'Ormuz reste largement verrouillé par l'Iran depuis six mois, perturbant les flux pétroliers mondiaux et contribuant à une forte hausse des prix. Sur le plan interne, l'Iran affiche d'importantes tensions économiques — inflation galopante, dépréciation du rial et exportations pétrolières fortement réduites selon le suivi maritime — qui rendent le pays vulnérable aux mesures visant ses partenaires commerciaux.

Enfin, malgré la sévérité affichée par Washington, des inconnues persistent : calendrier et ciblage précis des sanctions, réactions de grands acheteurs de pétrole iranien comme la Chine, et l'impact combiné des mesures économiques et militaires évoquées par des responsables américains.