L’offre de Poste Italiane sur TIM alimente le débat sur un éventuel rapprochement entre La Poste et Orange. L’opération italienne valorise TIM autour de 10,8 milliards d’euros et vise à réunir courrier, services financiers, télécommunications et activités numériques. Poste Italiane détient déjà 20,1 % de l’opérateur après plusieurs acquisitions de titres.

Le modèle italien repose sur des synergies concrètes. PosteMobile migre vers le réseau TIM, les offres d’énergie de Poste Italiane sont distribuées dans les boutiques de l’opérateur, et les deux groupes coopèrent dans le cloud et l’intelligence artificielle. Poste Italiane estime à 700 millions d’euros par an les gains financiers potentiels.

En France, un schéma identique se heurte d’abord à la taille. Orange est valorisé autour de 44 milliards d’euros sur la base d’une transaction publique récente, soit environ quatre fois TIM. Acquérir près de 30 % supplémentaires pour envisager le contrôle représenterait quelque 13 milliards d’euros. Or La Poste disposait fin 2025 d’environ 547 millions d’euros de trésorerie pour près de 9,8 milliards de dette. Elle a en outre vendu Poste Telecom à Bouygues Telecom en 2024, privilégiant un partenariat de distribution.

La gouvernance constitue un autre obstacle. Poste Italiane est cotée et peut proposer des actions nouvelles aux actionnaires de TIM. La Poste reste entièrement publique, tandis que la participation publique dans Orange a été ramenée à 20,4 % en 2026. Une éventuelle opération française ressemblerait donc davantage à une réorganisation des participations de l’État qu’à une OPA classique.

Il faudrait également traiter les missions de service public de La Poste, les données sensibles, les risques de subventions croisées et les contrôles de concurrence. Pour les investisseurs d’Orange, ce scénario reste donc spéculatif. Son intérêt principal est de montrer le retour des enjeux de souveraineté et de l’État stratège dans les infrastructures, pas d’annoncer une transaction imminente.