UKMTO rapporte une hausse spectaculaire des passages dans le détroit d’Ormuz : 39 traversées pour la semaine finissant le 7 août, 151 la semaine suivante, puis 192 pour la semaine finissant le 21 août, soit une progression de 392 % en 14 jours. Ce rebond résulte en partie de navires qui rallument leurs transpondeurs après les avoir éteints, comme le note Windward qui a observé neuf navires sans signal franchir le corridor sud la nuit du 21 août — la nuit la plus active jamais enregistrée par cette société. En outre, UKMTO estime que le trafic reste environ 90 % en dessous du niveau d’avant-guerre (20,9 millions de barils par jour selon l’EIA), ce qui relativise le chiffre en pourcentage.

La reprise du trafic se concentre principalement le long de la côte d’Oman, dans un corridor soutenu par Washington mais rejeté par Téhéran. Kpler estime qu’il semble « de plus en plus » que l’Iran ait perdu le contrôle du détroit, mais l’analogie historique avec 1987 rappelle la vulnérabilité : des convois escortés avaient alors subi des dommages, comme le tanker Bridgeton frappant une mine.

Côté marchés, ce n’est pas tant le brut physique qui tire les cours mais la rareté des produits raffinés : le crack spread du diesel américain a atteint un record historique de 102,20 dollars le 17 août (Reuters). Le Brent et le WTI ont gagné environ 5 % sur la semaine, le WTI spot clôturant vendredi à 87,57 $ et le Brent spot à 92,40 $. Les deux indices abordent la séance de lundi juste sous leurs lignes de tendance baissière de mai, le Brent ayant déjà franchi la sienne.

Le calendrier géopolitique pèse : le Trésor américain doit annoncer de nouvelles sanctions contre l’Iran lundi, avec des avertissements de Téhéran et des déclarations publiques du président Trump revendiquant une forte posture sur le détroit. Ces éléments rendent incertaine l’issue d’une possible correction baissière malgré l’augmentation du trafic observée.