Le gouvernement français a nettement révisé ses prévisions économiques. La croissance attendue pour 2026 est désormais limitée à 0,5 %, contre 1 % auparavant. Un rebond à 1 % est envisagé pour 2027, mais cette hypothèse intervient alors que l’activité ralentit et que les finances publiques se dégradent.
Le déficit public constitue le second point d’alerte. L’objectif initial de 4,7 % du produit intérieur brut ne devrait pas être tenu et le déficit dépasserait 5 %. Cette dégradation limite la capacité du gouvernement à soutenir l’économie par de nouvelles dépenses, tout en renforçant la nécessité de présenter rapidement un budget crédible pour 2027.
L’inflation ajoute une contrainte supplémentaire. Après une prévision déjà relevée à 1,9 %, elle devrait atteindre 2,1 % à la fin de 2026, avec un pic possible de 3 % en fin d’année. Une croissance faible associée à une inflation plus élevée réduit le pouvoir d’achat, pèse sur la consommation et complique l’action des autorités monétaires.
L’ancien ministre de l’Économie Antoine Armand estime que la France ne peut plus compter sur une croissance supérieure à celle de ses voisins pour compenser un déficit élevé. Le ministre Roland Lescure a confirmé que le cadre budgétaire était fortement contraint et que des efforts seraient demandés aux administrations comme aux Français, tout en affirmant vouloir préserver les moteurs de croissance.
Les ministères ont déjà subi 500 millions d’euros d’annulations de crédits et pourraient devoir poursuivre leurs économies. Le principal enjeu sera d’éviter qu’une consolidation budgétaire trop brutale n’accentue le ralentissement. Pour les marchés, la crédibilité des hypothèses de croissance et de déficit sera déterminante pour la perception du risque français et l’évolution du coût de financement de l’État.


