Le moral des ménages américains résiste mieux qu’annoncé, sans pour autant envoyer un signal franchement rassurant. L’indice définitif de confiance de l’Université du Michigan ressort à 48,0 en octobre, nettement au-dessus de la première estimation et du consensus de 46,3. Il demeure cependant légèrement inférieur aux 48,1 points enregistrés en septembre.

Le détail de l’enquête montre une économie perçue de façon contrastée. La composante consacrée à la situation actuelle tombe à 46,7, contre 50,9 en septembre, même si elle dépasse la première lecture de 44,7. À l’inverse, l’indicateur des perspectives progresse à 48,8 après 46,3 le mois précédent et 47,3 lors de l’estimation préliminaire. Les consommateurs semblent donc juger plus sévèrement leur environnement immédiat tout en devenant un peu moins pessimistes sur l’avenir.

Le principal point de vigilance concerne l’inflation. Les anticipations à un an atteignent 4,7 %, comme lors de la première estimation, contre 4,6 % en septembre. Pour les marchés, cette donnée compte parce que des attentes durablement élevées peuvent influencer les comportements de consommation, les revendications salariales et l’interprétation de la trajectoire future des taux américains.

La révision favorable de la confiance peut soutenir l’idée d’une consommation encore résistante, mais le niveau absolu de l’indice reste faible. Elle ne suffit donc pas à conclure à une accélération de la demande. Les investisseurs devront rapprocher cette enquête des prochaines statistiques de dépenses, d’emploi et de prix. Un moral moins dégradé est favorable aux valeurs exposées au consommateur, tandis que des anticipations d’inflation tenaces peuvent maintenir une pression sur les obligations et les secteurs sensibles aux taux.