Virgin prépare un retour visible en France en s’attaquant au monopole d’Eurostar dans le tunnel sous la Manche. Le groupe britannique vise un lancement en 2030, avec treize allers-retours quotidiens entre Londres et Paris. Cette offre ajouterait 4,75 millions de sièges par an sur la liaison. Virgin prévoit également quatre rotations quotidiennes vers Bruxelles et trois vers Amsterdam.

Le projet a franchi plusieurs étapes préliminaires. Le régulateur ferroviaire britannique ORR a autorisé Virgin à exploiter jusqu’à vingt allers-retours quotidiens sous le tunnel jusqu’en 2040. Le groupe a aussi obtenu une présence dans le dépôt de Temple Mills, près de Saint-Pancras, où ses futurs trains pourraient être entretenus aux côtés de ceux d’Eurostar.

Le volet industriel concerne directement Alstom. Le dirigeant de Virgin affirme avoir signé le 18 septembre un contrat portant sur douze rames Avelia Stream de nouvelle génération pour 650 millions d’euros. La communication officielle parle toutefois d’un accord stratégique, et Alstom n’a pas publié d’annonce séparée. Cette nuance indique que les conditions de la commande et son caractère ferme doivent encore être confirmés.

Plusieurs obstacles subsistent avant le démarrage. Virgin et les autres candidats doivent déposer avant le 19 octobre une demande d’autorisation auprès de Getlink, l’exploitant du tunnel. Le groupe devra ensuite obtenir des sillons auprès de SNCF Réseau et démontrer la robustesse et la sécurité de son exploitation. Trenitalia s’intéresse également au marché.

Virgin ne prévoit pas un positionnement à bas coûts. Le groupe promet davantage de confort, plus d’espace pour les bagages et une connexion internet à bord, tout en visant des prix inférieurs à ceux de l’opérateur historique. Il reconnaît que certaines solutions techniques, notamment la connectivité, ne sont pas encore finalisées. La direction estime que l’activité pourrait rester déficitaire pendant une période pouvant aller jusqu’à cinq ans.

Pour les investisseurs, le projet ouvre des perspectives pour Alstom et Getlink, mais il reste conditionné à des décisions réglementaires, à l’accès aux infrastructures et au financement des pertes initiales.