Brian Armstrong, PDG de Coinbase, affirme que la réputation on‑chain finira par remplacer les scores de crédit classiques tels que le FICO, utilisé dans 90 % des décisions de prêt aux États‑Unis. Il répondait à Jesse Pollak (créateur de Base, la solution Layer‑2 d’Ethereum de Coinbase) sur les progrès rapides des crédits on‑chain partiellement ou non collatéralisés. Le modèle traditionnel FICO s’appuie notamment pour 65 % sur l’historique de paiement et le montant total de la dette; ces données sont détenues par des agences auxquelles l’emprunteur a peu de visibilité.
La réputation on‑chain inverse ce monopole d’information : registres publics et transactions accessibles permettent de consulter l’âge d’un wallet, ses soldes et ses contreparties. Bitcoin illustre ce principe avec un historique complet des transactions depuis 2009. Toutefois, cette transparence ne révèle pas l’identité réelle des titulaires d’adresses et la création d’un nouveau wallet reste gratuite, ce qui limite la continuité de la réputation.
Malgré les promesses, le marché demeure largement collatéralisé. Galaxy Research note une baisse des prêts crypto de 17 % à 56,16 milliards de dollars au deuxième trimestre. Coinbase, pour sa part, a étendu en février son initiative de prêts crypto, en conservant un modèle de prêts garantis par du collatéral. Parallèlement, la DeFi affine la gestion du risque via des stratégies intégrées dans des coffres gérés.
Des systèmes de notation combinent la donnée on‑chain et des éléments sociaux pour combler l’absence d’identité : Ethos Network classe les wallets partiellement à partir de recommandations d’utilisateurs, tandis que l’application Credifi — citée par Pollak — peut prêter jusqu’à 3 000 dollars pour un score de 1 800 sans exigence de collatéral. Ces prêts non garantis restent très modestes et le vrai test sera l’évolution des taux de défaut dans les mois à venir.

