Après avoir atteint des sommets mi-août, les actions américaines ont rapidement cédé du terrain sous la pression d'une forte aversion pour le risque obligataire. Le S&P 500, qui avait clôturé à 7 798,99 le 13 août grâce au recul de l'inflation et à des résultats portés par l'IA, est retombé à son plus bas en deux semaines, de même que le Nasdaq Composite, pénalisé surtout par les valeurs des semi-conducteurs (Philadelphia SE Semiconductor Index : -5 %).

La mécanique est claire : une vente mondiale d'obligations a fait grimper les coûts d'emprunt. Le rendement du bon du Trésor américain à 10 ans a bondi à 4,748 %, tandis que le 30 ans a atteint 5,33 %, son plus haut depuis 19 ans. À l'international, le rendement de l'obligation d'État japonaise à 10 ans a touché 2,945 %, un pic sur 30 ans. L'écart entre rendements courts et longs américains s'est élargi au niveau le plus important depuis quatre ans, signe d'une pentification de la courbe.

Plusieurs facteurs alimentent ce mouvement : la montée du prix du pétrole liée aux doutes sur un accord de paix au Moyen-Orient, qui ravive les craintes inflationnistes, et une vague d'émissions d'obligations d'entreprise record — près de 1,7 billion de dollars émis depuis le début de 2026, une cadence qui devrait dépasser le record de 2,2 billions de 2025 selon la SIFMA —, concurrençant la dette souveraine pour l'attention des investisseurs.

Les marchés internationaux ont ressenti l'onde de choc : le KOSPI a cédé 1,5 % et le Nikkei 2,5 %. Certains analystes, comme Tom Lee de Fundstrat, voient dans cette correction une phase peut-être nécessaire — il évoque une possible baisse de 10 % pour que le S&P 500 puisse viser durablement 8 000 points. Les minutes de la Réserve fédérale, attendues mercredi, sont identifiées comme le prochain catalyseur susceptible d'orienter la suite pour actions et obligations.