Washington a visiblement changé de ton en quelques jours : Scott Bessent a annoncé sur Newsmax une double stratégie visant l’Iran — « l’isolement économique » et la poursuite du blocus du détroit d’Ormuz — sans détailler les sanctions à venir mais en promettant d’autres annonces la semaine suivante. Ces déclarations interviennent après des propos optimistes début août, lorsque Bessent évoquait un accord « aujourd’hui ou demain » pour rouvrir le passage maritime stratégique.
Le contexte reste tendu : le conflit, déclenché fin février par une offensive américano-israélienne, approche de son sixième mois. Le protocole d’accord de juin pour mettre fin à la guerre s’est effondré début juillet, puis Donald Trump a suspendu les frappes fin juillet en conditionnant la pause à la conclusion d’un accord. Ormuz, par lequel transitait avant la guerre un cinquième du pétrole mondial, demeure le point de friction principal : dans les faits, le détroit est verrouillé par l’Iran tandis que les États-Unis imposent un blocus aux ports iraniens.
Sur le terrain, les Émirats arabes unis ont accusé les Gardiens de la Révolution d’une attaque contre deux navires affiliés à la compagnie publique ADNOC traversant le détroit, qualifiant les faits de « piraterie » et de menace directe pour la sécurité énergétique mondiale. Abou Dhabi a demandé à l’Iran la réouverture complète et sans condition du passage. Téhéran, pour sa part, rejette les accusations et dénonce les « mensonges » de Donald Trump ; un porte-parole iranien, Ebrahim Zolfaghari, affirme que le détroit reste « sous la gestion et le contrôle total » de la République islamique.
À Washington, d’autres voix insistent sur la pression économique : le vice-président JD Vance a expliqué que l’objectif prioritaire était de maintenir des prix bas de l’essence pour les Américains, suivi par la prévention d’une arme nucléaire iranienne. Bessent a comparé sa stratégie à des précédents comme Cuba et le Venezuela, se félicitant de l’effet d’un blocus sur ces pays. En réaction, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a dénoncé des « mauvais calculs » américains et des défaillances du renseignement.


