Les États-Unis intensifient la pression économique sur l’Iran en appelant publiquement alliés et la Chine à s’aligner sur une vaste offensive financière visant, selon Washington, à renverser le régime de Téhéran sans recourir à une nouvelle campagne militaire. Scott Bessent, secrétaire au Trésor, a averti sur X que tout pays entretenant des liens avec l’Iran «précipiterait sa propre économie vers les oubliettes» et a indiqué qu’une conférence de presse détaillant de nouvelles mesures se tiendrait lundi.

Sans dévoiler la nature précise des sanctions à venir, l’administration a déjà annoncé des mesures contre un réseau de financement du Hezbollah au Liban, lié aux Gardiens de la Révolution iraniens, et maintient un blocus maritime. Le gouvernement iranien a répliqué en dénonçant un «terrorisme économique» selon l’agence Irna, illustrant l’escalade verbale entre les deux capitales.

La clé de cette stratégie est la capacité de Washington à convaincre Pékin : plus d’un quart des échanges commerciaux de l’Iran en 2024 ont été réalisés avec la Chine, qui continue d’acheter du pétrole iranien via une flotte dite «fantôme». Donald Trump, qui a promis «l’opération économique la plus écrasante jamais entreprise», mise en partie sur sa relation avec Xi Jinping ; il doit recevoir le président chinois le 24 septembre aux États‑Unis.

D’autres partenaires influents restent dans l’équation : les Émirats arabes unis ont suspendu «tous les échanges commerciaux et les transactions financières» avec l’Iran, tandis que la Turquie et la Russie maintiennent des échanges notables, la Russie incluant du matériel militaire. Pendant ce temps, la guerre pèse sur les économies : l’Iran est fragilisé par des décennies de sanctions et le conflit, et les États‑Unis ressentent des effets internes (inflation, hausse des coûts d’emprunt) nécessitant des interventions sur le marché de la dette.

Enfin, la montée d’une «guerre économique» pose une interrogation stratégique majeure : si Pékin ne suit pas, l’efficacité réelle de l’offensive américaine et l’équilibre entre pressions économiques et risques militaires resteront incertains.