Washington a intensifié son offensive contre la Cour pénale internationale en sanctionnant mardi sa présidente Tomoko Akane et le magistrat sénégalais Abdoulaye Seye. Le département d’État, par la voix du chef de la diplomatie Marco Rubio, justifie ces mesures en affirmant que ces magistrats ont « participé directement » aux enquêtes et poursuites visant des responsables dont leur gouvernement n’a pas accepté la compétence de la CPI. Les sanctions incluent l’interdiction d’entrée aux États-Unis et le gel des possibilités de transactions immobilières ou financières dans la première économie mondiale.
Les mesures américaines arrivent dans un contexte tendu : la CPI a émis en 2024 des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu au sujet de la guerre à Gaza, ce qui est explicitement cité comme moteur principal de la riposte de Washington. Le président du Conseil israélien a publiquement félicité Marco Rubio pour ces actions. La décision américaine s’inscrit aussi dans une offensive diplomatique plus large lancée le mois précédent, encourageant des États à se retirer de la Cour — le Tchad et le Venezuela ont récemment annoncé leur intention de quitter la CPI.
La Cour a vigoureusement condamné les sanctions, estimant qu’elles « sapent l’État de droit » et mettent en danger l’ordre juridique international en faisant pression sur juges, procureurs et personnel. Les Pays-Bas, via le ministre Tom Berendsen, ont également regretté la décision, rappelant que les tribunaux doivent pouvoir exercer leurs mandats librement. La CPI, fondée en 1998 et entrée en fonctions en 2002, se retrouve ainsi au centre d’une crise majeure; Washington n’a jamais ratifié le Statut de Rome et considère la juridiction comme corrompue et politisée.
Aux États-Unis, des ONG, dont Human Rights Watch, ont saisi la justice pour contester ces sanctions, soutenant qu’elles entravent l’accès à la justice pour les victimes et violent des droits constitutionnels. Balkees Jarrah de Human Rights Watch a dénoncé « le mépris total de l’administration Trump pour le droit international » et une tentative de soustraire certains responsables à la justice.

