Zenith, maison horlogère suisse contrôlée par LVMH, prépare un repositionnement vers les montres les plus haut de gamme et les plus rentables. Le projet fait l’objet d’une consultation avec les salariés et pourrait entraîner jusqu’à 200 suppressions de postes : environ 100 au site de production du Locle, soit près de la moitié de ses effectifs, et un nombre comparable dans les fonctions commerciales et marketing à l’international.

La marque entend concentrer davantage son offre sur les pièces vendues au-dessus de 3 000 francs suisses, soit environ 3 650 dollars, ainsi que sur les mouvements complexes. Cette stratégie vise à améliorer le mix produit et les marges dans un marché où la demande reste fragile. L’inflation, la prudence des consommateurs et la concurrence des montres connectées pèsent sur les volumes, tandis que les maisons les plus prestigieuses résistent mieux grâce à leur rareté et à leur pouvoir de fixation des prix.

Pour LVMH, l’enjeu financier direct demeure limité par la petite taille de Zenith au sein d’un portefeuille qui comprend aussi TAG Heuer, Hublot et Bulgari. La division Montres et Joaillerie du groupe a néanmoins réalisé 10,49 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025 et 1,51 milliard d’euros de résultat opérationnel. La restructuration fournit donc un indicateur utile de la discipline recherchée dans les marques secondaires.

Le succès du plan dépendra de la capacité de Zenith à préserver ses compétences horlogères, son réseau commercial et son image tout en réduisant les coûts. Un recentrage trop brutal pourrait affaiblir la distribution ou la capacité d’innovation. À l’inverse, une offre plus sélective et mieux valorisée pourrait soutenir les marges, à condition que la demande pour les pièces complexes reste suffisamment solide.