L'enquête PMI préliminaire de S&P Global publiée vendredi montre que l'indice composite de la zone euro a grimpé à 52,1 en août, au-dessus du consensus Reuters (51,7) et de son niveau de juillet (52,0). La barre des 50 sépare expansion et contraction : les chiffres indiquent une accélération modeste mais notable de l'activité, la première progression marquée depuis novembre.
Le secteur manufacturier se détache comme moteur de la reprise : l'indice PMI flash manufacturier a bondi à 52,8 (contre 51,9 en juillet), dépassant la prévision des analystes (51,8). La production manufacturière a atteint son plus haut niveau en 54 mois, soutenue par une progression des nouvelles commandes à leur rythme le plus rapide depuis 40 mois. Parallèlement, les commandes à l'exportation ont augmenté pour la première fois depuis février 2022, incluant les échanges intra-zone euro.
Le secteur des services reste en croissance stable, l'indice se maintenant à 51,7 après le rebond de juillet, contrairement aux attentes d'un ralentissement. L'emploi global a augmenté pour la première fois cette année : les industriels ont repris les recrutements après plus de trois ans, et l'emploi dans les services progresse à son rythme le plus soutenu en huit mois.
Sur les prix, les pressions continuent de s'atténuer bien qu'elles demeurent élevées par rapport aux normes historiques : la hausse des coûts des intrants ralentit (rythme le plus faible en six mois) et l'inflation des prix à la production redescend à son plus bas en cinq mois. S&P Global souligne aussi des dynamiques structurelles favorables, telles que la constitution de stocks de précaution, une demande accrue pour les produits technologiques liés à l'IA et une hausse de la demande d'équipements liée aux dépenses de défense, bénéfique notamment à l'Allemagne.
Malgré ces signaux positifs, le moral des entreprises pour l'année à venir reste sous la moyenne historique et S&P Global met en garde : avec l'inflation encore élevée, une orientation monétaire restrictive doit probablement être maintenue et de nouvelles hausses de taux ne sont pas exclues.

