La campagne présidentielle a connu une passe d'armes vendredi entre Marine Le Pen et Édouard Philippe après des propos du vice-président du Rassemblement national, Louis Aliot, sur BFMTV. Interrogé sur l'idée de « couper le robinet » des aides à Kiev, Aliot a dénoncé le financement des armes alors que « le système de santé, le système éducatif, l'ensemble de l'économie » français est fragilisé, et demandé « qui paye tout ça ? » en appelant à « savoir aussi arrêter une guerre ». Ces mots ont immédiatement relancé le débat sur le soutien français à l'Ukraine.

Édouard Philippe a saisi l'occasion pour accuser le RN d'être complice du Kremlin, estimant que « couper le robinet à l'Ukraine, c'est servir la Russie ». Le candidat de centre-droit, présenté comme le mieux placé pour défier Le Pen au second tour, a ajouté que « affaiblir l'Ukraine » reviendrait à « menacer la sécurité de l'Europe et de la France », et s'engage à tout faire pour empêcher une telle politique.

Marine Le Pen a vigoureusement réfuté ces accusations sur X, qualifiant le bilan international de Philippe de « piteux » et dénonçant des « calomnies qui avilissent le débat public ». Elle a rappelé des faits diplomatiques pour contester la leçon de son adversaire : la réception du président russe au château de Versailles et au fort de Brégançon sous la présidence précédente, ainsi que l'accueil de Dmitri Medvedev en juin 2019 au Havre quand Philippe était en fonction.

Enfin, Le Pen a réaffirmé sa posture historique depuis l'invasion russe: elle propose « une grande conférence pour la paix » visant un « règlement diplomatique » du conflit, thème qu'elle reproche à Philippe de n'avoir ni défendu ni obtenu. La confrontation illustre la manière dont la guerre en Ukraine structure les lignes de fracture entre candidats sur la scène intérieure française.