Air Liquide a publié un chiffre d'affaires trimestriel supérieur aux attentes et confirmé ses perspectives. Les revenus ont atteint 7,26 milliards d'euros, en hausse de 3 % à données comparables, contre 7,16 milliards attendus par le consensus Vara Research.
L'électronique a constitué le principal moteur, avec une croissance de 12 %. L'activité bénéficie des investissements mondiaux dans les semi-conducteurs et les infrastructures liées à l'intelligence artificielle. Air Liquide développe ses capacités pour accompagner la production de puces, notamment aux États-Unis et en Asie. L'industriel marchand a également progressé de 5,3 %.
La performance reste toutefois inégale selon les régions et les métiers. Le chiffre d'affaires de la zone Europe, Moyen-Orient et Afrique a reculé de 0,5 %, pénalisé par une demande industrielle faible, particulièrement dans la chimie. L'activité Gaz et Services, qui représente plus de 97 % des revenus du groupe, a augmenté de 3,6 % en comparable. En revanche, Ingénierie et Technologies a baissé de 14,4 %.
La direction maintient son objectif d'amélioration de la marge opérationnelle de 100 points de base en 2026, puis de nouveau de 100 points en 2027. Sur l'ensemble de la période 2022 à 2027, Air Liquide vise une progression cumulée de 560 points de base. Le groupe prévoit aussi de continuer à faire croître son résultat net récurrent à taux de change constants.
La rémunération des actionnaires apporte un soutien supplémentaire. Air Liquide lance la première tranche d'un programme de rachat d'actions d'un milliard d'euros devant être réalisé d'ici fin 2026. Ce programme peut réduire le nombre de titres en circulation et soutenir le bénéfice par action, mais il ne remplace pas la croissance opérationnelle.
Pour l'investisseur, la publication confirme la qualité défensive du modèle. Les gaz industriels reposent souvent sur des contrats de long terme et des besoins récurrents. L'exposition à l'électronique offre en parallèle un relais de croissance, même si elle accroît la sensibilité au cycle des semi-conducteurs.
Les principaux risques concernent la faiblesse industrielle européenne, le ralentissement de la chimie et l'exécution des investissements dans les puces. Il faudra vérifier que la croissance de l'électronique compense durablement les métiers plus faibles et que les gains d'efficacité permettent réellement d'atteindre les objectifs de marge. Le trimestre est solide, mais la valorisation du titre exigera une progression régulière plutôt qu'un simple dépassement ponctuel du consensus.

