Air Liquide veut renforcer sensiblement la rémunération de ses actionnaires à l’horizon 2030. Le groupe français de gaz industriels prévoit notamment de lancer un programme de rachat d’actions de 4 milliards d’euros d’ici 2028, une première pour l’entreprise, qui viendra s’ajouter à sa politique de dividende régulier.

Cette évolution de l’allocation du capital s’appuie sur la rentabilité du groupe, selon son directeur général François Jackow. Air Liquide ne renonce toutefois pas à sa stratégie d’investissement : l’entreprise prévoit environ 24 milliards d’euros de décisions d’investissement d’ici 2030 afin de renforcer ses métiers clés et sa présence dans des zones prioritaires, notamment l’Amérique du Nord et l’Asie.

Le groupe cible quatre marchés stratégiques : l’électronique et l’intelligence artificielle, la transition énergétique, la santé et le spatial. Sa position auprès des fabricants de semi-conducteurs et de mémoire lui donne notamment une exposition indirecte à l’expansion de l’IA et des centres de données. Air Liquide souhaite aussi consolider ses activités de santé à domicile et utiliser l’intelligence artificielle pour améliorer l’expérience des patients et développer de nouveaux services.

Le plan combine donc retour de capital et croissance. Pour les investisseurs, l’enjeu sera de vérifier que le rachat d’actions ne réduit pas la capacité du groupe à financer des projets offrant des rendements attractifs. En 2025, Air Liquide a enregistré un bénéfice net record de 3,5 milliards d’euros pour 26 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

L’annonce intervient après des informations faisant état de l’entrée du fonds activiste Elliott au capital, présence qui n’a été ni confirmée ni démentie. La direction affirme néanmoins que le plan a été conçu par Air Liquide. Le groupe maintient par ailleurs son objectif de réduire d’un tiers ses émissions de scopes 1 et 2 d’ici 2035 par rapport à 2020.