Airbus aurait livré environ 74 avions en octobre, portant son total depuis le début de l’année à près de 621 appareils. Ce chiffre, qui doit encore être confirmé lors de la publication commerciale prévue vendredi, maintient l’avionneur sur une trajectoire de croissance mais laisse un effort considérable à accomplir pour atteindre son objectif annuel.

Le groupe vise environ 870 livraisons en 2026, ce qui constituerait un record. Après 547 appareils remis aux clients sur les neuf premiers mois, puis environ 74 en octobre, Airbus devrait encore en livrer près de 249 en novembre et décembre. Cela représente une moyenne proche de 125 avions par mois, nettement supérieure au rythme d’octobre.

La concentration des livraisons en fin d’année est habituelle dans l’aéronautique. Elle dépend toutefois de la disponibilité des moteurs, des équipements, des certifications et de la capacité des clients à réceptionner les appareils. Airbus dispose de stocks d’avions qui pourraient soutenir l’accélération, selon les éléments évoqués par la direction, mais transformer ces stocks en livraisons effectives reste un défi industriel et logistique.

Guillaume Faury a maintenu sa confiance dans la capacité du groupe à respecter ses engagements. L’avance sur Boeing reste par ailleurs significative: entre janvier et septembre, Airbus avait livré 547 avions contre 475 pour son concurrent américain, soit un écart de 72 appareils. Cette comparaison confirme la position commerciale du constructeur européen, sans supprimer les contraintes propres à sa chaîne d’approvisionnement.

Pour l’investisseur français, le nombre de livraisons est déterminant car il conditionne une part importante de la reconnaissance du chiffre d’affaires et des encaissements. Un carnet de commandes élevé ne suffit pas si les appareils ne peuvent pas être achevés et transférés aux compagnies aériennes. La fin d’année sera donc un test de conversion du potentiel commercial en performance financière.

Le scénario favorable repose sur une montée en cadence rapide, soutenue par les appareils déjà assemblés. Le risque principal est un nouveau retard chez les fournisseurs, notamment sur les moteurs, qui obligerait Airbus à revoir son objectif ou à décaler des encaissements. Avant de tirer une conclusion, il faudra attendre la confirmation officielle des chiffres d’octobre puis suivre le rythme de novembre. Le niveau de 870 reste atteignable selon la direction, mais il exige une exécution presque sans faute sur les dernières semaines de 2026.