BP prévoit de vendre une participation de 5 % dans Aker BP, producteur norvégien de pétrole et de gaz, pour un montant susceptible d’approcher 1,2 milliard de dollars. Après l’opération, le groupe britannique détiendrait encore environ 10,9 % du capital, contre 15,9 % aujourd’hui. Il resterait donc un actionnaire important, tout en réduisant nettement son exposition financière à cet actif.
La vente doit être coordonnée par Barclays, avec DNB Carnegie. BP est actuellement le deuxième actionnaire d’Aker BP derrière Aker ASA, la holding de l’investisseur norvégien Kjell Inge Røkke. Les titres conservés par BP seront soumis à une période de blocage de 90 jours, sauf exceptions habituelles. Cette disposition limite le risque d’une nouvelle vente immédiate, sans exclure d’autres arbitrages à plus long terme.
Aker BP occupe une place historique dans le portefeuille de BP en Norvège. La société a été créée en 2016 par la fusion des activités norvégiennes du groupe britannique avec Det norske oljeselskap. La réduction de participation ne constitue donc pas une sortie complète de la région. Elle permet à BP de monétiser une partie de son investissement tout en conservant une exposition significative à la production norvégienne.
L’opération s’inscrit dans une série de cessions en mer du Nord. En juillet, BP avait déjà lancé la vente de son portefeuille britannique d’exploration et de production, valorisé autour de 2,6 milliards de dollars. L’ensemble suggère une gestion plus sélective des actifs régionaux. Le groupe augmente ses ressources disponibles, mais la source ne précise pas comment le produit de la vente d’Aker BP sera utilisé.
Pour l’actionnaire de BP, le principal avantage est immédiat: près de 1,2 milliard de dollars de liquidités peuvent renforcer la flexibilité financière du groupe. Leur effet dépendra toutefois de leur affectation future. Sans annonce sur la dette, les investissements, les rachats d’actions ou les distributions, il serait prématuré d’attribuer une création de valeur certaine à la transaction.
Le coût économique est également réel. En cédant un tiers environ de sa participation actuelle, BP renonce à une partie des dividendes et de l’appréciation potentielle d’Aker BP. Il réduit parallèlement son risque si les prix des hydrocarbures ou les performances opérationnelles se dégradent. L’opération modifie donc le profil d’exposition plutôt qu’elle ne crée mécaniquement un gain durable.
Les investisseurs devront surveiller le prix final, la réaction du titre Aker BP, l’utilisation des liquidités et la stratégie de BP pour sa participation restante. La période de blocage de 90 jours apporte une visibilité courte. Au-delà, la valeur du reliquat et la discipline d’allocation du capital seront plus importantes que le seul montant encaissé.


