L'indice EMBI de JPMorgan a atteint 402 points le 10 juillet 2026, niveau le plus bas depuis avril 2018, avant de finir le mois à 434 points. Cette amélioration marque une nette détente par rapport aux pics proches de 1 900 points observés en début de mandat sous Javier Milei, traduisant un changement de perception des investisseurs sur le risque souverain argentin.

Trois moteurs principaux expliquent cette baisse du risque : la désinflation, le rétablissement des comptes publics et la reconstitution des réserves de change. L'inflation annuelle, qui dépassait 200 % en 2023, est retombée à 33,8 % en juillet 2026, tandis que le secteur public affiche des excédents financiers en 2024 et 2025 et un budget 2026 orienté vers l'équilibre ou l'excédent.

Les réserves internationales brutes du Banco Central ont plus que doublé depuis fin 2023, atteignant environ 49 milliards de dollars à l'été 2026. Cette progression provient d'achats de devises par la banque centrale, d'une forte dynamique des exportations agro-industrielles, énergétiques et minières au premier semestre 2026, et d'opérations de stabilisation incluant un accord de swap avec le Trésor américain conclu en octobre 2025.

Malgré ces avancées, l'article souligne que l'Argentine n'a pas encore retrouvé un accès normal aux marchés internationaux en devise. Quelques émissions en dollars sous droit local et des financements bancaires internationaux ont repris, considérés par le FMI comme des étapes, mais le coût et la compétitivité d'une émission internationale dépendront aussi des taux américains, de la liquidité mondiale et de la durabilité des réserves et excédents.

L'élection présidentielle de 2027 est identifiée comme un test crucial : elle déterminera si les réformes et gains récents peuvent s'ancrer durablement et transformer l'amélioration conjoncturelle en accès stable et moins coûteux aux marchés de capitaux internationaux.