Bank of America adopte une vue plus favorable sur les actions françaises après plus de deux ans de sous-performance. Depuis le printemps 2024, elles ont cédé plus de 20 % relativement au reste du marché européen. Cette correction a ramené leur valorisation à une décote de 5 % par rapport à l’Europe continentale sur la base du PER à douze mois, un écart inédit depuis fin 2016.

Le risque souverain reste pourtant élevé. L’écart de rendement entre l’OAT française à dix ans et le Bund allemand a atteint environ 140 points de base, proche des niveaux observés lors de la crise de la zone euro de 2011-2012. Pour les stratèges taux de BofA, ce spread devrait toutefois évoluer entre 100 et 150 points de base. Ils estiment qu’au-delà, les mécanismes de soutien de la Banque centrale européenne ou des achats de titres pourraient limiter une nouvelle dégradation.

La banque relève donc la France de pondération de marché à surpondérer. Il s’agit d’un choix relatif au sein d’un portefeuille européen toujours défensif, pas d’un signal haussier général. BofA anticipe encore une baisse de 7 % du STOXX Europe 600 d’ici au deuxième trimestre 2027, en raison des coûts de financement et du risque de déception autour des investissements dans l’intelligence artificielle.

Sur le plan sectoriel, la préférence reste donnée à l’agroalimentaire et à la pharmacie. Les logiciels sont abaissés à pondération de marché après leur rebond estival. Le luxe est surpondéré, même si la banque estime que sa valorisation intègre déjà un redressement plus fort que ses propres prévisions.

Pour les investisseurs, la thèse repose sur une stabilisation du risque français plutôt que sur sa disparition. La décote peut se réduire si le spread reste contenu et si les bénéfices résistent. Une nouvelle poussée durable au-delà de la borne haute envisagée remettrait rapidement en cause ce scénario.