Bombardier a relevé sa prévision de flux de trésorerie disponible pour 2026, portée par une demande soutenue dans l’aviation d’affaires et par une activité de services en forte croissance. Le constructeur canadien vise désormais plus de 1,3 milliard de dollars, contre plus de 1 milliard auparavant, tout en confirmant son objectif de livrer plus de 157 appareils sur l’année.

Au troisième trimestre, le flux de trésorerie disponible a progressé de 20 % sur un an pour atteindre 183 millions de dollars. Ce résultat dépasse les 159,5 millions attendus par les analystes. Le chiffre d’affaires a augmenté de 3 % à 2,37 milliards de dollars, très proche du consensus de 2,38 milliards, alors que le groupe a livré 33 avions, soit un de moins qu’un an auparavant.

La performance des services après-vente constitue un point fort. Leur chiffre d’affaires a bondi de 19 % à 701 millions de dollars, ce qui apporte des revenus plus récurrents que les seules livraisons d’appareils. La demande de vols charter et de programmes de copropriété continue également de soutenir le marché des jets privés, malgré l’incertitude économique, les tensions géopolitiques et le prix élevé du kérosène.

Le principal risque demeure la chaîne d’approvisionnement. Bombardier observe une amélioration sur certains maillons, mais évalue encore la capacité de ses fournisseurs à accompagner une éventuelle hausse des cadences. Une accélération de la production ne créerait de valeur que si les composants, la qualité et les délais suivent sans hausse excessive des coûts.

Le groupe discute par ailleurs avec Boeing de l’avenir de l’usine de structures aéronautiques de Belfast. Le site, issu de l’acquisition de Spirit AeroSystems par Boeing, a enregistré une perte nette de 1,16 milliard de dollars en 2025 et pourrait nécessiter de nouveaux investissements. Bombardier évoque l’intérêt stratégique d’une meilleure maîtrise de sa chaîne, sans qu’une décision d’intégration verticale soit arrêtée. Cette incertitude a pesé sur le titre, en baisse de 5,5 % malgré le relèvement de la prévision de trésorerie.

Pour l’investisseur, le dossier combine une amélioration financière tangible et un risque industriel encore élevé. La croissance des services et la génération de trésorerie renforcent la capacité du groupe à financer son développement. Toutefois, le coût potentiel du site de Belfast, les contraintes fournisseurs et la cyclicité de l’aviation d’affaires justifient de surveiller l’exécution plutôt que de se limiter au nouveau seuil de trésorerie annoncé.