Depuis le début de 2026, le marché actions européen affiche une reprise notable (+≈10% pour l’Euro Stoxx 50), mais le CAC 40 déçoit: après un pic historique le 7 août, il a annulé ses gains annuels, plombé par la chute des valeurs du luxe (LVMH -35%, Hermès -33% depuis le 1er janvier) et par des incertitudes budgétaires et politiques en vue de l’élection de 2027. La saisonnalité reste défavorable en septembre et l’analyse technique signale une tendance court terme baissière.
Lazard Frères Gestion (LFG) conseille de profiter des phases de faiblesse technique pour accroître l’exposition actions, en s’appuyant sur six moteurs structurels. L’UE change d’orientation: plus pro‑investissement et souveraine, facilitant les rapprochements entre groupes européens et protégeant secteurs stratégiques (automobile, industrie) contre le dumping chinois, avec des mesures comme le Clean Industrial Act.
Des politiques publiques massives relancent l’investissement: plans allemands et européens — notamment en défense via ReArm Europe — ont débloqué «des centaines de milliards» en 2025 pour infrastructures et défense, créant un choc d’investissement favorable aux entreprises domestiques. Parallèlement, l’Union veut orienter l’épargne des ménages (≈10 000 milliards d’euros de dépôts peu rémunérés) vers le financement des entreprises via la Savings and Investments Union.
Côté marché, les rachats d’actions européens ont atteint 182 milliards d’euros en 2025, soit 2,4 fois le niveau de 2022, et les bénéfices par action ont rebondi de +18% depuis le creux d’avril 2025. Enfin, la décote des actions européennes vis‑à‑vis des américaines reste importante (≈23% à fin août 2026), renforçant l’argument de valeur. LFG cite en particulier le secteur de la défense comme zone d’investissement attractive, avec une visibilité de croissance et des valorisations retombées aux niveaux de début 2024 après l’emballement du premier semestre 2025.


