La pression sur la ressource est structurelle : l’agriculture absorbe environ 70% de l’eau mondiale, l’industrie et l’énergie 20% et le tertiaire/particuliers 10%. Arnaud Bisschop (gérant chez Mirova) souligne que l’augmentation de la demande résulte notamment du changement des régimes alimentaires dans les pays émergents (ex. la production de viande nécessite beaucoup plus d’eau) et de nouveaux usages industriels comme le refroidissement des centres de données pour l’IA.
Face à une offre limitée aggravée par la pollution et l’apparition de nouveaux polluants, l’univers d’investissement se concentre sur les entreprises fournissant des solutions : efficience de la demande, contrôle de la pollution et construction d’infrastructures (transport et traitement de l’eau, tuyaux, pompes, logiciels, ingénierie). Ces segments regroupent technologies et services visant à rééquilibrer l’offre et la demande sans acheter la ressource brute.
Malgré une sous-performance boursière du secteur ces trois dernières années, principalement liée à une moindre exposition à la tech, les fondamentaux restent bons : croissance des revenus, marges stables ou en hausse et bénéfice par action en progression. La compression des multiples de valorisation rend ces sociétés « moins chères » qu’il y a trois ans, selon Mirova.
Deux moteurs concrets à suivre émergent pour les prochaines années : le développement du refroidissement liquide (« liquid cooling ») pour data centers, qui crée une demande en solutions de gestion d’eau, et un cycle d’investissement accéléré au Royaume‑Uni (période 2026‑2030) après une décennie de sous-investissement, offrant une visibilité et une croissance anticipée de 8 à 10% pour les sociétés concernées. Enfin, l’évolution des taux d’intérêt, en particulier ceux de la Fed, reste un catalyseur-clé car des taux élevés pèsent sur les utilities et les marchés d’infrastructures.

