Emmanuel Moulin, gouverneur de la Banque de France, appelle les forces politiques à parvenir à un accord budgétaire pour 2027 afin d’éviter une dégradation supplémentaire de la situation financière du pays. Son message intervient alors que les rendements de la dette française se situent à leurs niveaux les plus élevés depuis 2008.
Le gouverneur distingue toutefois deux sujets. La France ne rencontre pas actuellement de difficulté à placer sa dette auprès des investisseurs : mi-septembre, l’État avait déjà réalisé environ 85 % de son programme annuel d’émissions. En revanche, ces financements se font à des taux plus élevés, ce qui alourdit progressivement la charge d’intérêts.
Le rendement de l’OAT française à dix ans a récemment évolué autour de 4,5 % à 4,7 %, tandis que l’écart avec l’Allemagne s’est nettement élargi. Cette prime de risque reflète à la fois le niveau de la dette, les déficits persistants, le contexte économique et les incertitudes entourant l’adoption du budget 2027.
Pour Emmanuel Moulin, la priorité est donc de replacer les finances publiques sur une trajectoire crédible sans compter sur une intervention automatique de la Banque centrale européenne. L’enjeu est d’éviter que la hausse du service de la dette ne réduise davantage les capacités de financement des politiques publiques et des investissements futurs.
