La tendance européenne est globalement positive : le Stoxx Europe 600 gagne environ 10% depuis le début de l’année, mais les performances divergent fortement entre places. L’Espagne domine les préférences des gérants (+24% de solde de recommandations en août), suivie par l’Allemagne (~20%), l’Italie (12%) et le Royaume‑Uni (10%). La Suisse est à -5% et la France ferme la marche à -56%, un plus bas historique pour la question posée par Bank of America.
Ce rejet de la France s’explique principalement par l’incertitude politique et budgétaire. Le déficit public reste une source de préoccupation et les investisseurs s’interrogent sur les orientations qui seront prises à l’approche de l’élection présidentielle de 2027. Ces craintes sont perçues comme susceptibles d’alourdir la fiscalité ou les contributions demandées aux entreprises, ce qui pèserait sur leurs bénéfices et l’attrait de leurs titres.
Le secteur du luxe, poids lourd du CAC 40, constitue un second facteur aggravant. LVMH et Hermès, respectivement première et cinquième capitalisations de la Bourse de Paris, ont fortement reculé depuis janvier. Le ralentissement de la demande chinoise et les incertitudes géopolitiques réduisent les perspectives de ces groupes et alimentent la sous‑performance française.
Conséquence chiffrée : le CAC 40 n’a gagné que 4,83% depuis janvier, loin derrière l’IBEX 35 (+15,7%) et le FTSE Mib (+18,6%). L’enquête de Bank of America illustre un désamour persistant qui s’est accentué depuis le printemps (soldes de -21% en mai, -29% en juin, -37% en juillet), signalant une fuite potentielle des allocations vers des marchés européens perçus comme moins risqués ou plus dynamiques.


