Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a mis en garde contre l’organisation d’élections en temps de guerre, estimant qu’un scrutin dans les conditions actuelles constituerait « un risque énorme » et provoquerait un « tsunami » capable de fracturer le pays. Ses déclarations interviennent après la sortie médiatique de son ex-ministre de la Défense, Mikhaïlo Fedorov, qui a publié une vidéo dénonçant la corruption et appelant à « restaurer un processus démocratique » par la tenue d’élections malgré l’invasion russe commencée en février 2022.

Zelensky rappelle que son mandat présidentiel a expiré en mai 2024 mais que la loi martiale empêche la tenue d’un vote. Il énumère plusieurs obstacles pratiques: le vote des militaires engagés sur le front, celui des millions de réfugiés à l’étranger et celui des habitants des territoires occupés par Moscou. Il souligne aussi le refus, selon lui, de Vladimir Poutine d’envisager des options pour un cessez-le-feu, rendant tout scrutin « impossible dans les conditions que nous avons actuellement ».

La vidéo de Fedorov a provoqué un malaise politique interne et des manifestations rassemblant des milliers de personnes en plusieurs villes. Le limogeage mi-juillet de Fedorov par Zelensky, puis le remplacement du commandant de l’armée Oleksandre Syrsky — perçu comme rival de Fedorov — illustrent les tensions au sein du pouvoir. Zelensky défend le droit de manifester mais met en garde contre des comportements « irrespectueux » envers l’armée et le risque d’une rupture entre la société et les soldats.

Un sondage du KIIS réalisé en juillet-août montre que seulement 15% des personnes interrogées pensent que des élections devraient se tenir avant la fin de la guerre, reflétant la prudence majoritaire de l’opinion publique face à l’idée d’un scrutin en période de conflit.