Le conflit engagée entre Washington et Téhéran a provoqué une perturbation massive des approvisionnements énergétiques du Moyen-Orient, qui surpasse la progression de la production américaine. Malgré le statut des États-Unis comme premier producteur mondial, la hausse prévue de la production nationale — estimée à seulement 200 000 barils par jour pour l'année — est minime comparée aux volumes affectés par le blocus du détroit d'Ormuz.

Avant la guerre, environ 20 millions de barils par jour transitaient par l'Ormuz; ces flux sont désormais bloqués, créant une pénurie physique que l'augmentation marginale de la production américaine ne parvient pas à compenser. Des spécialistes cités par le Financial Times estiment que Washington a en quelque sorte dilapidé une partie de son avantage énergétique en sous-estimant la capacité de ces perturbations à soutenir les prix mondiaux.

L'impact se ressent directement dans l'économie domestique. Depuis le début des hostilités, les prix de l'essence et du diesel ont augmenté d'environ 40 %. L'inflation a atteint 4,2 % en mai, son plus haut niveau sur trois ans, tandis que les taux hypothécaires à trente ans ont progressé de 5,98 % à 6,65 %. Ces tensions pèsent sur le pouvoir d'achat et le coût du crédit.

La dynamique macroéconomique se dégrade : la croissance du PIB a ralenti à 1,5 % en rythme annuel au deuxième trimestre 2026, contre 2,1 % l'année précédente et loin des objectifs officiels. Parallèlement, la confiance des consommateurs a chuté à des niveaux historiquement bas depuis le début du conflit, et un nombre croissant d'électeurs estime que la situation économique s'est détériorée sous la présidence actuelle.

La situation reste liée à une contrainte géostratégique majeure: le détroit d'Ormuz, voie par laquelle transitait un cinquième du pétrole et du GNL mondial avant la guerre, demeure fermé depuis l'annonce de Téhéran au printemps, maintenant une pression soutenue sur les marchés énergétiques et l'économie américaine.