Des ministres omanais et iraniens se sont rencontrés à Mascate pour discuter d'un accord-cadre visant à établir un «couloir temporaire» de navigation dans le détroit d'Ormuz et à organiser une opération de déminage, selon un communiqué conjoint. Le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr al-Busaidi, a exprimé l'espoir d'annoncer «bientôt» ce couloir et des modalités pratiques pour rétablir une navigation sûre, avec des négociations prévues pour transformer ce dispositif en corridor «permanent» et définir la gestion future du détroit.

Côté iranien, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en avant des «solutions régionales» lors des pourparlers avec Oman et le Pakistan, citant le déminage conjoint et le cadre proposé pour la gestion du détroit. Mais le vice-ministre Kazem Gharibabadi a clairement averti que, «avant toute action visant à rouvrir le détroit d'Ormuz, les Etats-Unis doivent mettre pleinement en œuvre l'ensemble des engagements qu'ils ont violés», conditionnant ainsi toute reprise effective du trafic.

Le contexte reste fortement tendu: le détroit est verrouillé par Téhéran depuis près de six mois, perturbant des flux qui représentaient auparavant un cinquième des hydrocarbures mondiaux. Washington a intensifié la pression économique cette semaine en annonçant un nouveau train de sanctions dites «secondaires» visant des partenaires commerciaux de l'Iran — secteurs de l'or, la technologie, les actifs numériques, l'aviation et le transport maritime — et le secrétaire au Trésor Scott Bessent a confirmé la volonté de «couper toutes les ressources économiques» de l'Iran.

Sur les marchés, l'incertitude a pesé: les opérateurs ont poussé le pétrole en baisse de plus de 2% mercredi, le Brent repassant sous les 90 dollars, malgré des déclarations publiques de Donald Trump affirmant que la marine américaine avait neutralisé des mines et que le détroit était sous contrôle américain, assertions démenties par Téhéran. La situation reste instable, avec des menaces verbales et un blocus américain des ports iraniens, tandis que l'Iran exclut un retour à la situation d'avant-guerre.