La dette fédérale américaine est passée d’environ 1 200 milliards de dollars en 1981 à 40 000 milliards en 2026, soit une multiplication par plus de trente en quarante-cinq ans. Les deux grands partis ont contribué à cette trajectoire, transformant l’endettement en une dynamique auto-entretenue qui irrigue l’ensemble de l’économie.

Le Trésor a tenté une intervention inhabituelle pour influencer la courbe des taux en achetant de la dette longue financée par de la dette courte, une opération qui revient à rendre les prêts immobiliers potentiellement moins coûteux tout en alourdissant les coûts des crédits à court terme. L’annonce a d’abord abaissé certains rendements, mais les taux ont rapidement rebondi : le Treasury à 10 ans a atteint 4,71 % et le 30 ans 5,627 % dans la séance suivante.

Les chiffres récents soulignent l’accélération : depuis le 4 juillet, la dette a augmenté de plus de 500 milliards, 3 000 milliards se sont ajoutés sur douze mois et, sur trois ans, la richesse de certains très grands acteurs privés a aussi fortement progressé. La dette détenue par le public dépasse désormais la taille de l’économie, le déficit rapporté au PIB est beaucoup plus élevé que prévu et le coût des intérêts excède le budget de la défense.

Les conséquences sont concrètes : une dette massive alimente l’inflation, réduit l’espace budgétaire pour d’autres priorités et accroît la vulnérabilité aux chocs intérieurs et internationaux. L’article rappelle qu’un verrouillage des taux historiquement bas en 2020 aurait pu limiter l’explosion actuelle — simulation évoquée qui place la dette potentielle aujourd’hui à 28 000 milliards au lieu de 40 000 et les intérêts annuels à 378 milliards contre plus de 1 000 milliards.

Enfin, la dynamique actuelle montre que, sur les douze derniers mois, la dette a cru six fois plus vite que le PIB, une tendance qui complique la normalisation des taux et pèse sur les marchés du crédit et du logement.