Les rendements des obligations d’État américaines à longue échéance ont connu une reprise marquée : le rendement du Trésor à 30 ans a franchi 5,3 %, au plus haut depuis 2007, et celui à 10 ans a également augmenté. Selon des gestionnaires interrogés, ces hausses reflètent des craintes persistantes sur l’inflation, sur l’ampleur de la dette publique américaine et sur les besoins de financement croissants de Washington.

La montée des rendements américains se propage aux marchés obligataires internationaux. Les titres libellés en dollars, notamment dans les pays du Golfe, subissent une pression négative car les investisseurs réévaluent le prix du risque en fonction des taux américains. Les marchés européens et asiatiques voient aussi leurs rendements souverains remonter, renchérissant le coût de la dette pour États et entreprises.

Plusieurs facteurs expliquent cette tension : la persistance des pressions inflationnistes qui réduit l’espoir d’un recul rapide des taux, les tensions géopolitiques et la hausse des prix de l’énergie qui entretiennent l’inflation, ainsi que l’ampleur de l’offre de dette américaine. Avec une dette publique désormais indiquée au‑delà de 40 000 milliards de dollars et des déficits importants, l’émission soutenue de titres du Trésor augmente l’offre d’obligations et pousse les investisseurs à demander des rendements plus élevés.

À cela s’ajoute une forte activité d’émission obligataire par les grandes entreprises technologiques, qui cherchent à financer d’importants investissements dans l’intelligence artificielle. Cette concurrence pour les capitaux peut maintenir les rendements à un niveau élevé en offrant aux investisseurs davantage d’alternatives. Toutefois, des rendements plus élevés offrent aussi des opportunités : les nouvelles émissions deviennent plus rémunératrices pour les investisseurs à long terme, même si la volatilité et le risque d’une poursuite de la hausse restent des sujets de préoccupation.