Le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, a écarté mardi le risque d’un blocage du financement de l’État. Il souligne que les investisseurs continuent de demander davantage de titres français que l’Agence France Trésor n’en propose lors de ses émissions.

Le ministre de l’Économie Roland Lescure a indiqué que 85 % du programme d’émissions avait été réalisé sans difficulté à la date du 15 septembre. Cette capacité à placer la dette ne supprime cependant pas le problème de coût: les nouvelles obligations sont émises à des taux sensiblement supérieurs à ceux observés ces dernières années.

Le mouvement ne concerne pas seulement la France. Sur un an, les taux longs auraient augmenté d’environ 80 points de base en Allemagne, d’un peu plus de 90 points en France et de 100 points aux États-Unis. Cette hausse mondiale pèse sur les perspectives économiques et financières.

Le rendement français à dix ans atteignait 4,53 % mardi matin, contre 4,47 % à la clôture précédente, son niveau le plus élevé depuis 2008. Le taux allemand comparable montait à 3,56 %, contre 3,51 %, au plus haut depuis 2009. L’écart entre les deux s’établissait à 0,97 point de pourcentage, contre 0,85 point au début de septembre.

Le message des autorités distingue donc deux risques. La liquidité du marché reste suffisante pour assurer les émissions courantes, mais la progression de la charge d’intérêt réduit les moyens disponibles pour d’autres dépenses et investissements. La soutenabilité dépendra de la durée de ces taux élevés, du rythme de croissance, de l’inflation et de la capacité à maîtriser les déficits lors du débat budgétaire pour 2027.