L’Espagne vient de franchir un seuil symbolique : sa dette publique représentait 99,9 % du PIB en juillet 2026, selon la Banque d’Espagne. C’est la première fois depuis février 2020 que le ratio repasse sous 100 %.

Le mouvement est important depuis la pandémie. Le ratio avait culminé autour de 124 % du PIB en 2021. Sur un an, il a encore diminué de 2,4 points. Cette amélioration ne signifie toutefois pas que Madrid rembourse massivement sa dette : l’encours atteignait environ 1 744 milliards d’euros en juillet et progressait encore sur un an.

La baisse du ratio vient donc largement du dénominateur. La croissance de l’activité et des prix a fait progresser le PIB nominal plus vite que l’encours de dette. La dynamique économique espagnole, soutenue notamment par l’emploi, les services et le tourisme, facilite ainsi la réduction relative du poids de l’endettement.

Le contraste avec la France s’est accentué. La dette française atteignait 117,5 % du PIB à la fin du premier trimestre 2026. Cette divergence rappelle qu’un ratio d’endettement peut s’améliorer sans baisse de la dette en euros lorsque la croissance nominale est suffisamment forte, mais aussi que le niveau espagnol reste élevé en valeur absolue.