Lors de The B Word en juillet 2021, Elon Musk a expliqué que la force principale de Bitcoin réside dans sa décentralisation : « ne pas avoir de gorge à serrer », c’est‑à‑dire l’impossibilité de forcer un acteur unique à vider le système. Il a aussi critiqué l’infrastructure des paiements traditionnels (ACH, règlement en jours ouvrables, sécurité des paiements par carte) et reconnu que l’usage moyen et les coûts de transaction restaient limités malgré un « potentiel énorme ». Deux mois avant cette conférence, Tesla avait déjà interrompu les paiements en bitcoin, en invoquant l’impact environnemental du minage.
Les déclarations publiques récentes éclairent ce positionnement par les faits : Tesla avait acquis 1,5 milliard de dollars de BTC début 2021 et, à la mi‑2022, avait converti environ 75 % de cette position en liquidités, réalisant 936 millions de dollars de recettes. Les 11 509 BTC restants correspondent à un coût historique de 386 millions de dollars et sont restés inchangés depuis 2022, malgré des moins‑values comptables reportées dans les résultats récents.
SpaceX adopte la posture inverse : ses déclarations depuis 2024 indiquent un stock constant de 18 712 BTC pour un coût d’achat de 661 millions de dollars, la valorisation évoluant seulement en fonction du cours (1,75 milliard fin 2024, 1,10 milliard en juin). Au total, Tesla et SpaceX détiennent 30 221 BTC pour un coût comptable d’environ 1,05 milliard de dollars. Au prix indiqué dans le rapport (proche de 78 570 $), ces avoirs vaudraient approximativement 2,37 milliards de dollars.
L’essentiel des documents confirme la dualité entre l’argument théorique de Musk — l’absence d’un point de contrôle susceptible d’être contraint — et la réalité décisionnelle : Tesla a prouvé qu’une entreprise peut, de son propre chef, liquider une part importante de ses BTC, ce que ni registre ni protocole ne peuvent empêcher.


