Le Secrétariat d’Etat à l’économie a confirmé un fort rebond de l’activité au 2e trimestre: le PIB a augmenté de 1,5% par rapport au trimestre précédent, une performance inédite depuis le 3e trimestre 2021. Ce redressement contraste avec la zone euro (+0,4%) et survient malgré un contexte international difficile, marqué par la hausse des prix du pétrole et des incertitudes géopolitiques.

L’accélération tient d’abord à l’industrie: la chimie‑pharmacie a enregistré une progression spectaculaire de 10,5%, et l’industrie manufacturière a gagné 4,5%. Les économistes de la Confédération soulignent que «l’impulsion la plus soutenue» vient du secteur chimico‑pharmaceutique, mais que la valeur ajoutée a augmenté dans de nombreuses branches. Les exportations, moteur extérieur clé, ont rebondi de 9,7% après un repli de 1,2% au trimestre précédent.

Les investissements en biens d’équipement ont renoué avec la croissance (+0,8% après −1,2%), signe d’un regain de confiance industrielle. Du côté des services, la progression est restée plus modérée: services financiers et transports affichent chacun +1,9%, tandis que l’ensemble des services n’a cru que de +0,7%. La consommation privée, pourtant pilier habituel de l’économie helvétique, a peu contribué, avec seulement +0,3%.

La dynamique se situe au‑dessus du potentiel selon la banque EFG, et le moral des entrepreneurs en juillet‑août laisse entrevoir un bon troisième trimestre. Toutefois, les ménages voient leur pouvoir d’achat comprimé: l’inflation annuelle est remontée à 0,8% en août, alimentée par une hausse de 25,2% des prix des produits pétroliers et +1,6% pour les loyers, tandis que les salaires nominaux n’ont progressé que de +0,4% au 2e trimestre.

Les analyses citées notent l’ampleur de la reprise industrielle européenne et suisse, mais les tensions sur les coûts (matières premières, droits de douane US) et la faible progression des salaires restent des facteurs à surveiller pour la durabilité de cette accélération.