La stabilité récente des taux immobiliers autour de 3 % pourrait être fragilisée par la tension sur la dette française. Il faut toutefois distinguer deux indicateurs : le taux de l’OAT française à dix ans, qui a atteint 5 %, et le taux proposé aux ménages pour un prêt immobilier. Le premier influence le coût de financement des banques, mais ne se transmet ni automatiquement ni intégralement au second.

Le coût du crédit a déjà profondément changé depuis la période des taux proches de 1 %. Pour un emprunt de 250 000 euros sur 25 ans, le passage de 1 % à 3 % représente environ 70 000 euros d’intérêts supplémentaires selon l’analyse publiée. Une nouvelle hausse réduirait encore la capacité d’achat des ménages, sauf baisse compensatrice des prix immobiliers ou progression des revenus.

La pression vient à la fois du contexte international et du risque français. L’inflation, les tensions géopolitiques et les déficits publics maintiennent des rendements élevés. En France, l’écart entre l’OAT et le Bund allemand aurait doublé en trois mois pour atteindre environ 170 points de base. Cette prime de risque reflète les inquiétudes sur la trajectoire budgétaire et pourrait compliquer le refinancement des banques.

L’hypothèse évoquée est celle de crédits immobiliers pouvant remonter vers 4 % dans les prochains mois, voire davantage ultérieurement si la crédibilité budgétaire se détériore. Le titre interrogatif sur 5 % ne constitue donc pas une prévision ferme. Pour un acheteur, l’enjeu principal est le taux réellement obtenu, l’assurance, la durée et le coût total, pas le seul niveau de l’OAT. Pour les investisseurs immobiliers, une remontée des taux pèserait sur les volumes de transactions et les valorisations, mais pourrait aussi accroître le pouvoir de négociation des acquéreurs solvables.