La juge fédérale de San Francisco Rita Lin a rendu une décision de 59 pages déclarant illégales les sanctions imposées en février par l'administration Trump à l'encontre d'Anthropic. Elle estime que les mesures visaient à «faire un exemple» d'une société jugée «arrogante» et non à répondre à une menace concrète pour la sécurité nationale. La décision rend permanente la suspension provisoire ordonnée en mars et interdit aux entités exécutives de rompre leurs contrats avec la start-up.
Toutefois, la décision californienne ne couvre pas la mise à l'écart d'Anthropic par le ministère de la Défense, mesure qui découle d'un texte du code des marchés publics fédéraux non examiné en Californie et contesté par Anthropic dans une procédure distincte devant un tribunal fédéral de Washington. Le Pentagone avait, en février, inscrit Anthropic sur la liste des entreprises présentant un «risque pour la chaîne d'approvisionnement» et la sécurité nationale, un statut auparavant réservé à des entreprises étrangères, interdisant ainsi aux prestataires du ministère d'utiliser les produits d'Anthropic dans le cadre de leurs contrats.
Le conflit avait débuté après le refus d'Anthropic de lever certaines restrictions sur l'utilisation de son modèle Claude pour des attaques létales entièrement autonomes ou la surveillance de masse des Américains. Anthropic a néanmoins proposé au gouvernement l'accès à son modèle le plus avancé, Mythos, et le ministère de la Défense continue d'utiliser certains modèles d'Anthropic pour les opérations classifiées, tout en annonçant une transition progressive et des accords avec ses rivaux en mai.
La société, dont le patron Dario Amodei a défendu publiquement les limites éthiques à l'emploi de l'IA, a déclaré vouloir «rester concentrée sur une collaboration productive avec le gouvernement». Le gouvernement peut faire appel de la décision; le ministère de la Justice n'avait pas répondu immédiatement aux sollicitations de l'AFP.


