En 2026 le marché de l'ancien montre une résistance sans retrouver son plein potentiel. Thomas Lefebvre, vice-président du Groupe SeLoger, estime le volume des ventes autour de 955 000 transactions, identique à 2025 mais inférieur au «potentiel théorique» d’un million de transactions compte tenu du nombre de ménages. La reprise attendue après le rebond de 2025 (+12,7 %) n’a pas pris d’ampleur.

Côté prix, après des hausses locales de l’ordre de 2 % à 3 % l’an passé, la dynamique s’est essoufflée: l’évolution des prix s’est plutôt stabilisée en 2026, sur fond de correction antérieure de 5 % à 6 % sur deux ans. Cette pause est présentée comme un coup d’arrêt plutôt que comme un rééquilibrage durable, et traduit un marché qui fonctionne en dessous de son «régime normal».

Le principal facteur explicatif est la hausse des coûts du crédit liée à la dégradation du contexte géopolitique et énergétique depuis la fin de l’hiver 2025. Avec des OAT à 10 ans autour de 4,1 % et des taux immobiliers encore proches de 3,6 %, la capacité d’achat des ménages est réduite et le moindre mouvement haussier des taux suffit à provoquer de l’attentisme. Les ménages différèrent leurs projets et les banques voient un équilibre fragile.

Pour 2027, SeLoger esquisse deux trajectoires. Le scénario favorable suppose une détente géopolitique, une stabilisation des taux et une feuille de route politique claire sur le logement, permettant un retour au plein potentiel. Le scénario jugé plus crédible par Lefebvre implique un conflit durable, une inflation persistante, une remontée des taux directeurs de la BCE et une absence de stratégie politique: le marché resterait sous tension, «en surrégime» sans véritable rebond.