HSBC considère la hausse des taux comme un risque palpable mais pas (encore) rédhibitoire pour les marchés actions. Nicole Inui, responsable de la stratégie actions pour les Amériques, précise que deux conditions seraient nécessaires pour transformer ce risque en obstacle tangible : un maintien durable du rendement du bon du Trésor à 10 ans au‑dessus de 5% ou une forte hausse de la volatilité. Aucune de ces deux conditions n’est, selon la banque, réunie à ce stade.

La banque met en évidence une résilience tant du côté des ménages que des entreprises. HSBC insiste sur une reprise en « K » : les ménages à revenus élevés profitent d’un effet richesse lié à la hausse des marchés actions, tandis que les ménages les plus modestes restent exposés aux dettes à taux variable (cartes de crédit, prêts auto). Les prêts immobiliers représentent la plus grande part de l’endettement des ménages et sont majoritairement à taux fixe, ce qui limite pour l’instant la transmission directe d’une hausse des taux — même si la faiblesse du marché immobilier pèse sur les enseignes de bricolage.

Côté entreprises, les bilans sont jugés solides : la dette nette rapportée à l’EBITDA pour le S&P 500 ressort à 1,6 fois et est restée relativement stable malgré les dépenses liées à l’intelligence artificielle. Seule une part limitée de la dette est à court terme (11,2%) et les spreads de crédit demeurent historiquement bas, un facteur qui atténue le choc potentiel d’un resserrement des conditions financières.

HSBC note enfin que l’impact classique d’une hausse des rendements sur les multiples de valorisation a été en partie absorbé par la robustesse des bénéfices, en particulier dans la tech. Toutefois, si les taux devaient rester élevés durablement, la banque favoriserait les secteurs financier, énergétique et industriel, mieux positionnés selon elle pour bénéficier d’un tel environnement.